Et si l’IA nous incitait finalement à passer aux 32 heures ?

Oui — et ce serait même l’un des scénarios les plus intéressants de l’arrivée de l’IA.
L’argument pourrait être assez simple : si l’IA augmente fortement la productivité, pourquoi chercher systématiquement à produire davantage plutôt qu’à travailler moins ?
On pourrait imaginer une chaîne logique :
IA → automatisation → gains de productivité → moins d’heures nécessaires → 32 h → partage des gains de productivité.
Le débat changerait alors de nature. Aujourd’hui, la question est souvent : « Comment l’IA va-t-elle remplacer certains emplois ? » Mais une autre question devient possible :
« Pourquoi faudrait-il que les humains travaillent autant si les machines produisent une partie croissante de la richesse ? »
Le paradoxe intéressant
L’IA pourrait paradoxalement pousser vers une revendication très « humaine » : davantage de temps libre.
32 heures pourraient être réparties sur 4 jours, par exemple :
Lundi → Mardi → Mercredi → Jeudi
Vendredi → temps personnel
Avec potentiellement :
- davantage de temps pour la famille ;
- création artistique et culturelle ;
- formation permanente ;
- bénévolat et vie associative ;
- repos ;
- et pourquoi pas… davantage de consommation et d’activité économique hors travail.
Mais il y aurait une condition fondamentale : les gains de productivité doivent être partagés.
Si l’IA permet à une entreprise de faire en 32 heures ce qu’elle faisait auparavant en 35 ou 39, deux modèles deviennent possibles :
Modèle A :
IA + productivité = même durée de travail + davantage de production.
Modèle B :
IA + productivité = même niveau de production + moins de travail.
Le second serait une véritable transformation sociale.
Et il y a une idée encore plus radicale derrière : le progrès technologique pourrait enfin être utilisé pour augmenter la quantité de vie disponible plutôt que simplement la quantité de biens produits.
C’est presque une inversion de la logique industrielle des deux derniers siècles.
L’IA ne serait alors pas seulement une machine à produire. Elle deviendrait une machine à libérer du temps.


