Anna Maria Carulina Celli

Je me retourne et reviens sur mes pas

Je vais rue du Clos

Dans ma chambre close

Le plancher est ancien, lourd et blessé

Une cheminée au coin

Un plafond à moulures

Une cour intérieure

J’attends

Poudrée aux yeux

Vêtue d’une robe de princesse

De bonnes manières

Je n’ai jamais si peu dormi

Je n’ai jamais autant écrit

En esprit

En espoirs

J’attends sans cesse

J’attends devant la porte close

L’amour errant dans le noir

Sonnent les douze coups

Le carrosse se transforme en citrouille

La chambre en cocon de flammes

Il vient

Il ne vient pas

Il vient pourtant souvent

J’attends une ombre vide où j’ai peint mon amour

Une ombre qui me boit

Une ombre qui a froid

Un bonhomme de neige

Et quand vient le soleil

Il fond

Il fait une large flaque essaimée de boutons

D’or

Est-ce ce que j’ai aimé

Un chagrin répandu sur un plancher ancien, lourd, blessé

Rue du Clos

Dans ma chambre à poèmes

Un amour à moulures de plâtre

Un décor de théâtre ?

Et quand vient le soleil aujourd’hui

Au souvenir de la fonte des neiges

Je souris