
Je me retourne et reviens sur mes pas
Je vais rue du Clos
Dans ma chambre close
Le plancher est ancien, lourd et blessé
Une cheminée au coin
Un plafond à moulures
Une cour intérieure
J’attends
Poudrée aux yeux
Vêtue d’une robe de princesse
De bonnes manières
Je n’ai jamais si peu dormi
Je n’ai jamais autant écrit
En esprit
En espoirs
J’attends sans cesse
J’attends devant la porte close
L’amour errant dans le noir
Sonnent les douze coups
Le carrosse se transforme en citrouille
La chambre en cocon de flammes
Il vient
Il ne vient pas
Il vient pourtant souvent
J’attends une ombre vide où j’ai peint mon amour
Une ombre qui me boit
Une ombre qui a froid
Un bonhomme de neige
Et quand vient le soleil
Il fond
Il fait une large flaque essaimée de boutons
D’or
Est-ce ce que j’ai aimé
Un chagrin répandu sur un plancher ancien, lourd, blessé
Rue du Clos
Dans ma chambre à poèmes
Un amour à moulures de plâtre
Un décor de théâtre ?
Et quand vient le soleil aujourd’hui
Au souvenir de la fonte des neiges
Je souris