Reflexions

Ils veulent brancher des ia sur des cerveaux d’animaux, pour en faire des super ordinateurs !

Oui, l’idée peut être franchement inquiétante — mais il faut distinguer ce qui existe réellement aujourd’hui de ce qui relève encore de la prospective.

Il existe déjà un domaine appelé informatique biologique (biocomputing), où des chercheurs expérimentent avec des neurones vivants pour effectuer certaines opérations. On a notamment démontré qu’un réseau de neurones biologiques pouvait apprendre à effectuer des tâches simples.

L’idée générale est fascinante : plutôt que de fabriquer artificiellement chaque élément d’un ordinateur, on utiliserait la capacité naturelle des neurones à apprendre, s’adapter et traiter de l’information.

Mais passer de là à :

« On branche une IA sur un cerveau animal et on obtient un superordinateur »

est un énorme saut technologique.

Et il y a surtout une question éthique vertigineuse : si le système biologique devient suffisamment complexe pour avoir une forme de perception ou d’expérience, qu’est-ce qu’on est réellement en train de fabriquer ? Un composant informatique ? Un animal augmenté ? Une nouvelle forme d’organisme hybride ?

C’est précisément là que la science-fiction commence à rejoindre des questions très concrètes de bioéthique.

Et paradoxalement, le scénario qui me paraît le plus préoccupant n’est peut-être même pas le « superordinateur biologique ». C’est la banalisation progressive de l’idée que des cerveaux vivants puissent être considérés comme des ressources informatiques.

Ça pose une question assez fondamentale : à partir de quel moment un neurone cesse d’être simplement du matériel biologique et devient quelque chose dont on doit considérer les intérêts ?